Je suis « Kofi Jicho Kopo « , et je suis fier d’être AFRICAIN !

Vous aimerez aussi...

1 réponse

  1. Bonjour,
    je suis d’accord à 95% avec ce qui est dit ici, si ce n’est plus… Cette démarche d’ordre culturel est un choix personnel libre tout à fait respectable. Les grandes religions ont été instrumentalisées pour assouvir des soifs de conquêtes. Je doute fort que Jésus ait souhaité tous les crimes commis en son nom et l’acculturation qui allait de pair. Processus de domination oblige, l’Eglise a uniformisé tout pour mieux maîtriser les populations. Il n’y pas qu’en Afrique que les cultures ont bafouées: l’ancienne religion (la Wika, celle des druides), présente sur le territoire que l’on appelle maintenant la France, a été complètement détruite. Quant aux croyances animistes locales, il a fallu inventer des saints pour prier autre chose qu’une rivière miraculeuse! Et quand j’écoute les histoires congolaises (de Pointe-Noire) liées à Mamy Wata, je ne peux m’empêcher de penser à l’universalité de ces croyances légendaires. Pour revenir sur un exemple évoqué dans le témoignage plus haut, il est clair qu’un prof lambda (blanc ou pas d’ailleurs), s’il n’est pas passionné par l’Afrique, vous sortira des banalités affligeantes par leur inconsistance. S’il est de culture européenne ou extra-africaine, il pourra facilement être gravement imprécis en donnant l’impression d’une Afrique barbare et en ressassant l’image d’un continent ravagé. Or, comme toute pièce a deux côtés, la géopolitique et l’humanité en ont mille… Toutefois, ce réflexe de simplification outrancière a lieu sans arrêt. Par exemple, lorsque l’on parle de la civilisation gauloise que l’on réduit sempiternellement à quelques clichés datant de l’époque coloniale romaine, clichés pas forcément avantageux sur la Gaule chevelue. Tout le monde a tendance à imaginer le Romain plus évolué que le Gaulois. Ils étaient différents, point. Quelques historiens commencent à mettre en valeur cette période par leurs recherches. Idem pour le Moyen-Age qui avait certes un côté barbare (propre à l’humanité et non à une période donnée)mais qui avait aussi ses lumières, trop souvent occultées par commodité, simplicité, paresse intellectuelle ou simplement manque d’informations accessibles au grand public (l’amour courtois est une invention du moyen-âge visant à faire respecter la femme qui a aussi longtemps été privée d’âme.). Tout comme les civilisations africaines sont différentes des autres, nous devons rester humbles et ouverts face à la diversité. Nous avons les origines que nous avons et nous pouvons choisir, nous pouvons même effectuer un panachage culturel. L’essentiel est que nous vivions en hommes libres. Pour cela, nous devons nous battre contre l’ignorance (et l’intolérance qui va avec). L’Histoire Africaine doit être plus amplement étudiée et plus largement enseignée. Au-delà de cela, nous devons nous reconnaître tels que nous sommes et accepter l’autre dans sa différence et sa singularité. Aujourd’hui comme hier, tout est fait pour nous diviser. Personnellement, je suis panafricain, mais je mets en garde certains camarades contre la tentation d’un repli extrêmiste teinté d’un racisme réactionnaire que j’ai naturellement eu à connaître. Un individu raciste est quelqu’un qui se trompe de colère. Je crois en outre qu’il ne sert à rien de mettre les histoires en concurrence. Il est évident pour quelqu’un d’éduqué que les peuples dits « négroïdes » (terme que je déteste autant que « leucoderme »!) ont une histoire toute aussi riche que celle des autres peuples. Seuls les incultes, les prétentieux et les minables peuvent affirmer que « l’Homme Noir n’est pas assez entré dans l’Histoire de l’Humanité ». L’ennui majeur de ce genre de discours de droite ultra et raciste (et d’une certaine manière ségrégationniste!), c’est qu’il fait toujours des victimes de chaque côté et qu’il est porté par des gens qui ont une influence sur le cours des choses. Il est urgent de former la jeunesse Africaine sur sa propre histoire, sur les valeurs de la citoyenneté et de lui transmettre l’envie d’avancer malgré ceux qui tentent de la bloquer. Le héros congolais Ange Diawara a voulu avancer. Certains ont voulu falsifier l’histoire, occulter son nom, ses amis et son action. On peut inscrire ce nom -synonyme de courage- ainsi que des millions d’autres sur le monument aux morts des héros africains sacrifiés. A nous, citoyens, d’œuvrer pour que l’Afrique brille et se respecte. A nous de nourrir le feu de la mémoire. A nous tous, bonnes volontés sincères, de lutter contre les ennemis intérieurs de l’Afrique qui se font complices des ennemis extérieurs et des économies néocoloniales, des économies de prédation, des ennemis de l’Homme. La Résistance Africaine a une couleur, celle de l’Amour. Je vais terminer ces quelques paroles crépusculaires (et un peu décousues, mais d’un bon sens élémentaire) par une autre réflexion: les rapports de force qui aboutissent à une maltraitance chronique des populations suivant leur couleur de peau existent. Elles ne sont pas nouvelles. Ces rapports de force ont tenté -et parfois tentent toujours- de détruire l’autre, de le nier. Je dis souvent en parlant de ce comportement méprisable que c’est « rabaisser pour se rehausser ». C’est une pratique typique de ceux que l’on désigne en psychologie comme pervers narcissiques (si ma mémoire est bonne), individus que l’on retrouve souvent au plus haut niveau de responsabilités (indépendamment de leur couleur, tout étant bon pour écraser l’autre). Ces gens-là font beaucoup de dégâts. Face à eux, nous bouillonnons et c’est normal. Nous avons parfois des réactions fortes et cela peut nous tourner la tête. La colère a la même force dévastatrice que l’alcool. A mon avis, il en va ainsi de mes frères qui, chaque matin, se regardent dans le miroir et se disent « tu es Noir, tu es fort » (sous-entendu « tu es d’une race supérieure »). Est-ce là une réaction saine? J’en doute. Pardonnez-moi cette comparaison forte, mais j’imagine que les nazis engagés dans la Waffen SS sur le front de l’Est pouvaient se dire exactement la même chose en se levant le matin. La réaction saine serait plutôt de se regarder simplement dans le miroir avec l’amour de soi. Toutefois, c’est évident, il ne faut pas mettre tout le monde dans le même panier. Et comme tout est fait pour diviser les Hommes et pour réduire l’Homme de couleur Noire à ce qu’il n’est pas (un individu de second rang), je comprends malheureusement facilement la colère et l’obsession raciale et radicale de certains, quels qu’ils soient (comprendre n’est pas synonyme de cautionner). La seule option que nous avons est de nous unir par delà les frontières pour construire et agir pour la Justice et pour l’Humanité. Il nous faut nous battre pour plus d’éducation et de justice, ces deux mamelles de la démocratie. Plus que jamais, il nous faut continuer à défendre de bonne foi la cause Noire qui fait partie de la défense de l’humanité. Quelle fierté un Homme peut-il tirer des si basses victoires que sont l’avilissement, le massacre et le viol de populations toutes entières? Je n’ai aucune fierté de l’Histoire humaine qu’il nous faut connaître, mais je mets en garde mes frères contre l’idéalisation du passé. C’est un risque qui peut trop facilement mener aux fascismes. Si je mets ce terme au pluriel, c’est que j’estime qu’un fascisme africain (ou autre qu’européen ou occidental) est tout à fait possible et « codifiable », avec quelques adaptations culturelles à la clef. Par conséquent, nous devons faire un effort de connaissance historique et de re-connaissance, mais nous devons avant tout être exigeants avec nous-mêmes et éviter les travers que nous dénonçons. La plus grande des révolutions est intérieure à soi nous rappelle Pierre Rabhi. Au-delà de cela, je tiens à partager une idée que j’exprime tant que je la tiens: en tant qu’Européen, il me semble que sensibiliser la jeunesse européenne à la cause Noire, l’éduquer à la reconnaissance des autres est une priorité à porter. Par exemple, pourquoi ne pas montrer en classe de lycée le film de M. Van Peebles « Sweet sweet-back bad ass song » et lancer une réflexion autour de cette oeuvre cinématographique majeure, mais trop souvent passée sous silence (classée X aux USA, comme Kirikou, d’ailleurs…)? Réduire l’idée fausse -souvent inconsciente et inavouée de certains occidentaux- que l’Africain est un grand enfant incapable et pulsionnel est un combat quotidien que doivent mener les amis de l’humanité. Soutenir les combattants du progrès aussi. Je suis personnellement rassuré sur l’humanité de mes frères français du REMO en voyant par exemple leur implication au sein du M22. La caricature raciste marche dans les deux sens. Je suis ravi du témoignage poignant à tous les niveaux de l’auteur de ce blog, M. Pierre Eboundit. Le véritable chemin d’avenir, ce n’est pas l’impasse de la dictature, c’est la fraternité et le respect des peuples jusqu’ici méprisés. Comme le dit souvent le général Ferdinand Mbaou, militant panafricain apolitique: « le développement de l’Afrique passe par l’Amour de l’Afrique et des Africains ». C’est en outre le titre qu’il a donné à son livre, véritable déclaration d’Amour à l’Afrique et à une humanité responsable, plaidoyer pour une Afrique libre, unie et forte. Il nous faut faire mentir les afro-pessimistes. Bien à vous tous. Fraternellement et panafricainement.
    David Bourguin.
    http://www.mippes.blogspot.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *